Les rdv de fin de semaine : meeting antiraciste, action et manif (afro)féministes

– Vendredi 6 mars, 19h, bourse du travail de Saint-Denis (93) : meeting contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire, à l’appel de plus de 70 organisations. Plus d’infos ici sur la page Facebook de l’évènement.

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– Samedi 7 mars, 14h, mairie de Montreuil (93) : action “Incroyable reloud #2”, organisée par le collectif “Stop harcèlement de rue”. Plus d’infos ici sur la page Facebook de l’évènement.

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– Dimanche 8 mars, 14h, Belleville (75) : manifestation (mixte) pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, à l’initiative du collectif “8 mars pour touTEs ! ça continue” et appelée par plusieurs dizaines d’autres organisations, dont le collectif “Mwasi” qui organisera un cortège afrofeministe. Plus d’infos ici sur la page Facebook de la manif et ici sur la page Facebook du cortège afrofeministe.

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AFRO-FEMINISMES

Notes introductives à la formation-débat organisée par Ensemble ! Jeunes Paris le 4 février 2015 – Illustration du post : Thandiwe Tshabalala

« Toutes les femmes sont blanches, tous les Noirs sont hommes, mais nous sommes quelques unes à être courageuses ». [1]

A l’intersection du genre, de la race, de la classe et des sexualités, l’afro-féminisme a radicalement changé l’approche théorique et pratique des luttes d’émancipation. Quelles leçons, tactiques et stratégiques, en tirer aujourd’hui ? Retour sur et perspectives contemporaines d’un mouvement révolutionnaire.

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Interview with French Leftist Danièle Obono about the impact of the recent attacks – Scottish Left Project

L’interview (en anglais) que j’ai donné au Scottish Left Project à propos de la situation politique en France depuis les attentats 11 janvier à lire ci-dessous ou en ligne ici.

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Pleurer. Organiser.

Un camarade écrivait dernièrement à propos de la grande célébration républicano-nationale , véritable « manif pour tou-te-s », d’aujourd’hui : « Marche silencieuse derrière les bouchers de la planète. C’est la gauche qu’on enterre ? ». Enterrement de première classe, en effet.

Au cours de ma déjà un peu longue vie militante, j’ai beaucoup ri (si, si) et un peu beaucoup pleuré (quand même).

J’ai pleuré les camarades partis les premiers. Trop tôt, toujours trop tôt. Aguirre. Yann.

J’ai pleuré les séparations politiques. La P4. La bande d’Avignon : Nora, Abdel, Ilham. Le NPA.

J’ai pleuré les causes politiques, les nombreuses défaites, les quelques victoires.

La Palestine. Mandela. Obama.

Au cours des dernières 72 heures, j’ai pleuré, un peu, beaucoup, quand même.

J’ai pleuré, un peu, jeudi.

En pensant aux 12 personnes mortes. Aux centaines d’autres qui ne seront pas pleuré-e-s. Aux flambées d’amalgames, d’attaques, d’insultes, d’humiliations, de violences et aux difficiles batailles à venir.

En passant sans m’arrêter devant le rassemblement à la mairie de Montreuil où se trouvait peut-être ma chère Capucine. En faisant ma correspondance sans m’arrêter à République où se trouvaient déjà certainement de nombreux autres camarades. En pensant que je ne pouvais tout simplement pas m’arrêter pour les rejoindre et partager avec eux ma peine et ma force. En pensant qu’il y a quelques années encore, je me serais arrêtée. Je les aurais rejoins. Comme ce 21 avril, il y a 13 ans.

Mais plus maintenant. Plus maintenant. Parce que, entre autres, Charlie, justement…

J’ai pleuré la solitude immense, le sentiment d’avoir perdu, encore un peu plus, peut-être définitivement,  ma gauche.

En pensant à la personne que j’étais à 15 ans, il y a si longtemps maintenant, qui lisait Charlie et Le Canard les mercredis, à la bibliothèque municipale. Qui riait, un peu, ici et là. Qui organisait avec quelques autres, quelques temps plus tard, sa première manif, au lycée, contre la présence du Front national dans nos murs.

J’ai pleuré en écoutant pleurer ma Brune, qui a aimé Charlie, à 15 ans, il y a si longtemps maintenant.

Je n’ai pas pleuré Charlie.

J’ai pleuré, un peu, beaucoup, dans la nuit de samedi à dimanche.

Entourée des quelques ami-e-s et camarades avec qui nous formons désormais une nouvelle minorité : Pablo, Mandana, Félix…portant dans mes bras mon beau Nino.

En pensant aux ami-e-s et aux camarades qui sont devenu-e-s Charlie.

En ressentant l’insupportable violence politique, idéologique, symbolique de l’omniprésente et omnipotente injonction.

En lisant la liste interminable des terroristes venu-e-s des quatre coins de la planète et derrière lesquel-le-s allaient défiler ces Charlie.

En pensant à l’Enfer pavé de bonnes intentions. A l’ « humanisme compassionnel » et les « bons sentiments » comme justifications de l’action politique. A la fleur au fusil. A la guerre en chantant.

J’ai pleuré en pensant à la signature de l’organisation à laquelle j’appartiens, dont je suis encore formellement une des dirigeantes, apposée à côté de celle de l’UMP pour appeler à cette manif en proclamant « Nous sommes Charlie : Défendons les valeurs de la République ! »

En pensant au si petit nombre de camarades signataires de la déclaration « Nous n’irons pas à la manif ce dimanche » et au si petit nombre d’autres qui l’ont inspirée et rendue possible. Merci Julien, Stathis, Nico, Antoine.

En lisant le tract du PCF/Front de gauche appelant noir sur blanc à l’unité nationale. En me rappelant l’émotion ressentie, aux côtés de Pierre et Jean-Luc, fendant la foule de plus de 6000 personnes pour rejoindre la tribune du meeting, ce mardi soir 7 février 2012 à Villeurbanne. En me rappelant les mots de Jean-Luc, à cette autre manif, incroyable, immense, magnifique, ce 18 mars 2012 : « On se cherchait, on s’espérait, on s’est retrouvé ! ». Et on s’est reperdu…

J’ai pleuré en pensant à tous les reculs, toutes les défaites, tous les choix et les décisions politiques des 10-15 dernières années qui nous ont amenés à ce point.

A toutes les jeunes filles exclues (ou poussées vers la sortie) de l’école, du parti, des manifs. Humiliées, insultées, sans recevoir notre soutien ni notre solidarité majoritaires. Voire avec l’assentiment ou à l’instigation de certain-e-s des nôtres.

A toutes les fois où ma gauche s’est refusée de parler d’islamophobie, de ne serait-ce que prononcer le mot. Toutes les fois où elle s’est refusée à se mobiliser contre les lois islamophobes.

Toutes les fois où des camarades ont défendu, mordicus, les caricatures racistes de Charlie Hebdo ou les propos de Caroline Fourest au nom de la « liberté d’expression » (des Blanc-he-s/dominant-e-s) ou de la laïcité « à la Française ». Mais se sont opportunément tu-e-s quand l’Etat s’est attaqué à Dieudonné, voire ont appelé et soutenu sa censure…

Toutes les fois où des « camarades » nous ont sommé-e-s, nous les « islamo-gauchistes », de montrer patte blanche et d’affirmer avant toute autre chose que nous luttions bien contre l’antisémitisme. Toutes les fois que d’autres nous ont carrément, à mots plus ou moins couverts, traité-e-s d’antisémites.

J’ai pleuré en me rappelant le jour où je me suis devenue Noire. Et celui où je suis devenue « intersectionnelle ». La première fois que j’ai été face à face avec le racisme et les privilèges de Blanc-he-s de celles et ceux que je considérais dans leur majorité comme mes « camarades ». L’instant où je me suis rendue compte qu’il y avait bien un « eux » et un « nous » et que j’étais aussi « eux », ces « Autres », et pas tout le temps « nous ». Le moment où je me suis fait dire que j’étais, à la rigueur, « légitime » pour m’occuper de tels sites, assemblées, thématiques et autres commissions mais certainement pas pour représenter ma sensibilité dans certaines instances de direction ou à la tribune de meetings ou de manifs.

J’ai pleuré le suicide de ma gauche. J’ai pleuré les prochaines luttes, encore plus dures, qu’il faudra mener, y compris contre cette gauche-là. J’ai pleuré le sentiment que, pour partie, je ne regrettais pas d’avoir perdu cette gauche-là.

Aujourd’hui, j’organise.

La (re)mobilisation antiraciste. En commençant par soutenir l’appel à manifester le 18 janvier prochain, jour du sommet à Washington entre ministres européens et états-unien « contre le terrorisme » et de la manif islamophobe d’extrême-droite à Paris. Manifester contre l’islamophobie, l’antisémitisme, tous les racismes. Manifester contre l’union sacrée nationale d’Hollande-Valls-Sarkozy, et contre l’union sacrée internationale de la « guerre de civilisation contre le terrorisme ». Manifester pour l’égalité des droits et la justice pour tou-te-s, pour l’émancipation collective et individuelle.

A dimanche prochain à la manif, camarades.

Exhiber les corps noirs et faire taire les vivants | Blog de Laurent S.

Un très bon post du camarade Laurent Sorel sur la mobilisation antiraciste autour de l’exposition Exhibit B.

Sur le sujet, je recommande aussi chaudement les nombreux posts publiés et relayés par Mrs Roots.

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La gauche est en train de mourir, vite, achevons la…

Tel est mon sentiment au lendemain de l’assemblée générale/conseil national “élargi” du Front de gauche de samedi 6 septembre.

Il y aurait beaucoup à dire et à écrire sur pourquoi et comment cette réunion a été, de mon point de vue, un échec lamentable et préoccupant, dans sa “préparation”, son organisation, son déroulement et ce qui en sort. Mais je ne crois pas que cela en vaille vraiment la peine.

La contribution qui suit résume des question qui auraient dues/pues être sérieusement discutées de cette journée perdue, qu’illustre la déclaration, d’un vide intersidéral, écrite par la coordination nationale du Front de gauche, et diffusée à l’issue de l’AG (sans qu’il ait été possible d’y apporter la moindre modification). Aucun de points soulevés dans ce texte n’a trouvé ne serait ce que le plus petit début de réponse concrète. En fait aucun des points un tant soit pertinent soulevé par les quelques représentant-e-s des assemblées citoyennes et des fronts thématiques, n’a trouvé de réponse concrète.

Pendant que le PS assassine la gauche de gouvernement, la gauche radicale, elle, se laisse, péniblement, mourir à petits feux. A ce compte là, autant l’achever une bonne fois pour toute.

Wep, on est sérieusement dans la merde.

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La gauche est en train de mourir, vite, achevons la…

Tel est mon sentiment au lendemain de l’assemblée générale/conseil national “élargi” du Front de gauche de samedi 6 septembre. 

Il y aurait beaucoup à dire et à écrire sur pourquoi et comment cette réunion a été, de mon point de vue, un échec lamentable et préoccupant, dans sa “préparation”, son organisation, son déroulement et ce qui en sort. Mais je ne crois pas que cela en vaille vraiment la peine. 

La contribution qui suit résume des question qui auraient dues/pues être sérieusement discutées de cette journée perdue, qu’illustre la déclaration, d’un vide intersidéral, écrite par la coordination nationale du Front de gauche, et diffusée à l’issue de l’AG (sans qu’il ait été possible d’y apporter la moindre modification). Aucun de points soulevés dans ce texte n’a trouvé ne serait ce que le plus petit début de réponse concrète. En fait aucun des points un tant soit pertinent soulevé par les quelques représentant-e-s des assemblées citoyennes et des fronts thématiques, n’a trouvé de réponse concrète.

Pendant que le PS assassine la gauche de gouvernement, la gauche radicale, elle, se laisse, péniblement, mourir à petits feux. A ce compte là, autant l’achever une bonne fois pour toute.

Wep, on est sérieusement dans la merde.

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Pour surmonter ses difficultés actuelles, le Front de gauche doit, en même temps qu’une clarification stratégique, se donner les moyens de devenir une vraie force collective, structurée et organisée

Danièle Obono (Conseil national, Paris 19e), 3 septembre 2014

En janvier 2013, le texte sur le développement du Front de gauche adopté par sa coordination nationale indiquait :

« Evoquer le développement du Front de Gauche implique un préambule. La question majeure c’est : comment donne-t-on envie de rejoindre le FDG à toutes celles et ceux, issu-e-s notamment des classes populaires et de la jeunesse, n’ayant jamais milité ou il y a longtemps, qui ont soutenu notre campagne ? Cela revient à poser la question de l’utilité du FDG. C’est donc d’abord une réponse politique : la nécessité d’une stratégie claire, d’initiatives concrètes, de bonnes campagnes, du soutien aux mobilisations et de notre progression dans l’ancrage de nos idées et à travers les élections. C’est cela qui donnera envie de rejoindre notre démarche, de construire le FdG. La manifestation du 30 septembre l’a démontré car sa préparation a sensiblement remobilisé les assemblées citoyennes. Cela passe par une élaboration commune, une démarche permanente de co-construction où chaque composante peut apporter son apport, son expérience. Pour cela, il faut bien sûr les cadres qui permettent ces actions communes, l’élaboration collective et des instances qui permettent de se coordonner, de prendre des décisions et de les mettre en application. Car si le Front de Gauche n’est pas un parti, ce n’est plus seulement une alliance électorale. Il s’agit donc d’un mouvement, d’une force politique qui se veut l’outil d’une dynamique populaire. Cela appelle à des formes d’organisation pérennes, à la fois ouvertes, souples mais également efficaces et capables de répondre aux aspirations à le rejoindre. Pour les besoins de la campagne présidentielle, ces structures permanentes se sont étoffées. Il s’agit déjà de s’accorder sur leur continuité voire leur évolution, et de les compléter pour permettre davantage d’implication citoyenne. » 

Presque deux ans plus tard, aucune des cadres et structures d’organisation collectives évoquées dans ce texte n’ont été sérieusement développées, soit par manque de volonté politique, soit par mauvaise volonté pure et simple. La responsabilité de cet échec organisationnel incombe aussi bien à la coordination nationale du Front de gauche, qu’à l’ensemble des composantes qui constituent la dite coordination, à leurs directions et leurs cadres militants.

Les assemblées citoyennes déclarées « essentielles », notamment pour développer l’implication citoyenne, ont été complètement ignorées, abandonnées à elles-mêmes, à la seule détermination des militant-e-s locaux, sans suivi collectif ni soutien national.

Les fronts thématiques, décrits comme des « formes concrètes très précieuses d’intégration du FDG » et des « lieux d’élaboration programmatique, d’actions et d’une expression commune », ont un fonctionnement très inégal, dont il est difficile d’avoir une idée ou une vision claire par manque de mutualisation, et font très peu preuve d’initiatives autonomes. Les rares demandes faites auprès de la coordination nationale, concernant notamment l’activation de l’espace qui devait leur être dédié sur le site, sont restées sans réponses.

Le front des luttes, censé être un « cadre d’élaboration et d’intervention du Front de gauche au service des salarié-e-s » est non seulement aux abonnés absents pour les « salarié-e-s » mais aussi auprès des instances du Front de gauche lui-même.

Le conseil national, « carrefour d’expériences sociales diversifiées, de représentant-e-s de combats collectifs, de militant-e-s syndicalistes, associatifs, de personnalités intellectuelles, culturelles », s’est rapidement atrophié et est devenu une coquille vide. L’absence de réunions au cours de l’année écoulée a certes contribué à ce dépérissement, mais la désertion a en fait commencé très tôt. L’absence de réels pouvoirs et de responsabilités concrètes, ainsi que le manque d’implication des cadres militants en son sein, ont très vite rendu cette instance complètement inutile.

La coordination avec les parlementaires du Front de gauche n’a jamais vu le jour, de même que l’élaboration d’un calendrier annuel de travail, l’organisation de rencontres nationales du Front de gauche et de forums politiques avec les autres forces de gauche. Quant au site internet, un des rares espaces de visibilité collective du Front gauche, il est laissé quasi à l’abandon, alimenté seulement au coup par coup pour les élections.

Enfin, la coordination nationale elle-même, seule et unique instance exécutive et décisionnelle nationale, n’a pas su ou voulu se transformer pour répondre aux importantes tâches organisationnelles devant être mises en œuvre pour développer le Front de gauche. Caractéristique du fonctionnement en cartel, plutôt que celui d’une force collective, elle sert essentiellement aux directions des composantes à « réagir » à l’actualité ou à des échéances pressantes du calendrier, se mettre rapidement d’accord sur telle ou telle autre question politique, aborder superficiellement des discussions « stratégiques » sans jamais les approfondir, le tout sans préparation ni planification, et surtout sans aucun suivi ni réelle interaction/coordination avec les autres instances nationales.

Le résultat de ce fonctionnement erratique c’est qu’en dehors de la période de la campagne présidentielle de 2012, entre fin 2011 et mai 2012, et de l’organisation des manifestations auxquelles nous avons été à l’initiative, le Front de gauche n’a jamais réussi à fonctionner de façon autonome, comme une force collective efficace. La seule campagne non électorale que nous avons tenté de mener, la campagne «  L’alternative à l’austérité c’est possible », organisée de manière poussive, sans véritable équipe nationale, s’est terminée en eau de boudin et n’a fait l’objet d’aucun bilan. Et cette année, de manière assez emblématique, après seulement deux éditions, les Estivales citoyennes du Front de gauche n’ont tout bonnement et simplement pas eu lieu.

Au-delà des déclarations d’intention, qui seront nombreuses lors des débats de l’assemblée générale du 6 septembre et après, le Front de gauche doit maintenant se donner de réelles moyens organisationnelles s’il veut véritablement relancer sa dynamique politique. Ainsi, par exemple, appeler abstraitement à l’ « ouverture », au « dépassement » du Front de gauche et aux « adhésions individuelles », sans s’assurer d’avoir les fondations organisationnelles pour cela, sans réfléchir et préciser sous quelles formes et de quelles manières rendre cela possible, et surtout qu’est-ce que cela va signifier très concrètement en termes de démocratie et d’architecture internes, de représentation/représentativité, de débats, de prises de décision, à tous les niveaux de notre mouvement, revient faire de la langue de bois politicienne.

Pour être réellement utiles, nos discussions du 6 septembre doivent avoir des conclusions concrètes et organisationnelles immédiates. Elles doivent permettre de relancer les instances existantes, de ré-impliquer les forces militantes au sein des cadres collectifs du Front de gauche, en proposant une feuille de route politique et organisationnelle précise, indiquant les campagnes à mener et les responsabilités des différents structures collectives, une feuille de route qui nous donne une boussole pour les mois à venir.

                                               ***

Déclaration du Front de gauche 

La politique suivie par le Président et le Premier ministre entraîne notre pays dans une grave crise économique, sociale, démocratique et politique. Crise économique que traduisent tous les indicateurs ; crise sociale avec un chômage qui s’enracine, la précarité et la pauvreté qui s’accroissent et les protections sociales qui sont constamment rognées ; crise démocratique avec un parlement, des élu-e-s territoriaux, des syndicalistes jamais écoutés et souvent pas consultés ; crise politique du fait de la fuite en avant néolibérale de ce pouvoir contestée au sein même de sa majorité politique. Ces crises alimentent un repli identitaire et nationaliste qui favorisent la désignation de boucs émissaires et font progresser la xénophobie et tous les racismes.

L’ensemble de celles et ceux qui avaient permis la défaite de Nicolas Sarkozy se retrouvent désemparé par cette politique loin, très loin, des valeurs traditionnelles de la gauche. Ce gouvernement se retrouve ainsi de plus en plus illégitime.

Les orientations internationales de François Hollande concourent à cette perte de repère. Il rompt avec la politique traditionnelle de la France à l’égard de la Palestine, s’engage dans des guerres sans qu’apparaisse une stratégie d’ensemble conduisant à des paix durables, se retrouve impuissant avec l’Union européenne à solutionner des conflits internes à l’Europe. Pire, son attitude à l’égard des manifestations de soutien au peuple palestinien cet été, permet de croire qu’il souscrit désormais au « choc des civilisations » cher à Mr Bush en transformant un conflit entre États en guerre de religion et en mettant à l’index les jeunes des quartiers populaires suspectés d’être antisémites.

La constitution du gouvernement Valls 2 n’a fait qu’aggraver les choses en soulignant la pratique autoritaire de ce gouvernement et la multiplication d’interventions inspirées par les exigences du MEDEF. Il expulse des ministres qui expriment leur doute sur la politique suivie, il se fait acclamer par les grands patrons, remet en cause les avancées de la loi sur le logement, poursuit la multiplication des menaces sur le code du travail et sur les 35 heures, reprend des thèmes de la droite visant à culpabiliser les citoyens comme le contrôle des chômeurs etc… etc… Cette ligne suicidaire pour le pays et pour la gauche est clairement assumée par François Hollande et Manuel Valls, mais aussi par le premier secrétaire du parti socialiste.

Ce n’est pas de coupes drastiques dans les dépenses publiques dont la France a besoin mais au contraire de plus de services publics, de protection sociale et d’investissements publics. Cette politique ne peut que mener notre pays qu’à la catastrophe. Elle ne fait qu’un gagnant : les actionnaires dont les dividendes ont augmenté de 30 % au second trimestre 2014 comparés au même trimestre de l’année précédente. Des alternatives existent à condition de répartir autrement les richesses, de partir des besoins sociaux et de la nécessité de répondre à la crise écologique.

Pour imposer sa politique, le président de la République s’appuie sur les institutions de la Ve République. Or celles-ci sont de plus en plus contestées au fur et à mesure que se révèle leur caractère antidémocratique. Une refondation démocratique avec comme perspective la VIe République s’avère comme un moyen essentiel de sortie de la crise. Il est temps de redonner la parole au peuple par un véritable partage des pouvoirs et des responsabilités du local au national. Ce sursaut démocratique doit s’enraciner dans une mobilisation sociale et politique sans précédent.

Le débat sur la politique économique et sociale du gouvernement provoque des fractures au sein même de la majorité gouvernementale. Cette situation ne peut se trancher par un coup de force gouvernemental condamnant la représentation nationale au silence à coup de 49-3 ou d’ordonnances. Tous les parlementaires de gauche qui doutent de cette orientation doivent  voter contre la confiance au gouvernement de Manuel Valls.

Dans cette situation, les mobilisations sociales, les réactions citoyennes sont indispensables pour casser l’offensive du gouvernement et du Medef. Le Front de gauche est favorable à la constitution d’un très large front de résistance pour mettre en échec la politique du gouvernement. C’est dans cet état d’esprit qu’il participe au Collectif, créé lors de la manifestation unitaire du 12 avril 2014, qui regroupe nombre d’organisations syndicales, d’associations et de partis politiques et qui constitue un premier pas vers une dynamique plus large.

Au plan politique le Front de gauche souhaite prendre les initiatives nécessaires à la convergence de celles et ceux qui veulent contribuer à un rassemblement majoritaire permettant de porter une alternative aux choix du pouvoir actuel. Un grand débat national doit avoir lieu sur cette question dans lequel les citoyennes et les citoyens doivent être présents à égalité de responsabilité. Dans cet esprit, le Front de gauche vous appelle d’ores et déjà à participer aux nombreuses initiatives qui auront lieu à la fête de l’Humanité.