Trump président : comment en est-on arrivé là?

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Rencontre à la Maison Blanche entre Donald Trump, le président nouvellement élu, et Barack Obama, le président en exercice, jeudi 10 novembre 2016 (Capture d’écran)

Commençons par le commencement…ou plutôt par la fin : Hillary Clinton a bien gagné une majorité des suffrages des électeur-trice-s des Etats-Unis. Selon les derniers résultats provisoires, elle et son co-listier Tim Kaine ont en effet obtenu 64 925 492 soit 48 % des voix contre 62 562 131 soit 46,25 % des voix pour Donald Trump et son co-listier Mike Pence, avec un taux de participation de 58,4 % (1). Et pourtant, c’est Donald Trump qui a été annoncé vainqueur et qui devrait être formellement confirmé comme tel le 19 décembre prochain par le collège électoral puisqu’il aurait remporté 290 à 306 des 538 « grand-e-s électeur-trice-s » qui composent ce dernier. Lire la suite

« Une agriculture écologique et paysanne pour une alimentation de qualité »

Voici le premier numéro de la collection des « Livrets de la France insoumise » dont Laurent Levard et moi-même assurons la coordination. Ce premier livret, préparé par un groupe de travail animé par Laurent Levard et Eve Saymard, détaille les mesures d’urgence et les grandes orientations sur l’agriculture et l’alimentation proposées par la campagne de Jean-Luc Mélenchon et du mouvement de la France insoumise pour l’élection présidentielle et les élections législatives de 2017. Vous pouvez le lire et le télécharger sur le site de campagne ici ou en cliquant sur l’image ci-dessous.

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« L’agriculture fournit l’essentiel de notre alimentation. Or le modèle agricole actuel détruit tout : l’écosystème, la santé des consommateurs et celle des paysans. Les maux sont connus : soumission au libre-marché et au libre-échange, ultra-spécialisation, gigantisme agricole, pesticides chimiques. L’ensemble du système agricole et alimentaire est responsable de près de la moitié du réchauffement climatique global du fait des gaz à effet de serre qu’il génère, contribue à la déforestation, repose sur l’utilisation de ressources non-renouvelables, contamine l’environnement et les hommes et contribue à la destruction des sols et de la biodiversité. Près d’un milliard de personnes dans le monde souffrent de la faim, alors que la malbouffe et l’obésité progressent. À terme, ce système met à mal notre capacité à nourrir l’Humanité […] » Pour lire la suite cliquez ici.

Parlons programme !

« L’avenir en commun » est le nom du programme porté par la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle de 2017 et par celles qui seront investies dans le cadre de la « France insoumise » aux élections législatives. Il a fait l’objet d’un processus assez original d’élaboration et d’adoption qui mérite qu’on s’y arrête un instant.

Le travail programmatique a en effet démarré en février dernier, tout juste après la proposition de candidature de Jean-Luc Mélenchon. Deux camarades du Parti de gauche, Charlotte Girard, juriste, et Jacques Généreux, économiste de profession, assisté-e-s d’une équipe de jeunes rapporteur-trice-s, ont été chargé-e-s de la coordination de cette tâche. La réflexion collective qui s’est déployée au cours des mois suivants s’est principalement appuyée sur « L’Humain d’abord », le programme commun de 2012, enrichi de textes ultérieurs comme les 18 thèses pour l’écosocialisme ou l’ouvrage « L’ère du peuple » de Jean-Luc Mélenchon.

Et elle s’est structurée autour de sept axes : la 6ème République, le partage des richesses, la planification écologique, la sortie des traités européens, l’indépendance et l’altermondialisme pour la paix, le progrès humain et la conquête des nouvelles frontières de l’humanité que sont la mer, l’espace et le virtuel.

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Dépasser le cartel, construire une autre gauche

Le Front de gauche a vécu. S’il a permis de poser les bases d’une politique de gauche alternative, il a échoué à représenter cette alternative, non seulement aux yeux d’une majorité de la population, des millions d’électeur-trice-s qui avaient pourtant voté pour son candidat en 2012, mais aussi parmi les franges les plus organisées, militant-e-s des partis, syndicats, associations et autres mouvements, anciens et nouveau, du peuple de gauche dans toute sa richesse et sa diversité.

Toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent toujours dans l’objectif stratégique qu’il s’était fixé (contester l’hégémonie à gauche du PS social-libéralisé et devenir majoritaire à gauche et dans le pays), dans ses grandes lignes stratégiques et programmatique (unité, autonomie, mobilisation citoyenne), ont aujourd’hui la responsabilité de construire autrement, sur de nouvelles bases, une autre gauche.

Une gauche véritablement antiraciste et solidaire, qui s’adresse sans sectarisme à tous les courants, mouvements et réseaux qui (se) mobilisent aujourd’hui contre les discriminations, pour l’égalité des droits et la justice pour tou-te-s, pour mener ensemble de grande campagnes populaires contre la déchéance de nationalité, la répression des migrant-e-s, le contrôle au faciès et les violences policières…Une gauche activement anti-guerre et internationaliste, capable d’opposer aux stratégies impérialiste de son propre Etat une politique de paix et de justice. Une gauche profondément démocratique qui dépasse le cartel organisationnel pour systématiquement donner la parole et le pouvoir aux citoyen-ne-s et aux militant-e-s.

Cette autre gauche est nécessaire et possible. Mais elle ne se construira pas en reprenant les mêmes mécanos politiques fabriqués par en haut qui nous ont menés à l’échec. Elle se reconstruira dans les fronts de lutte unitaires (contre la guerre, l’austérité, l’état d’urgence démocratique et climatique, l’islamophobie et la xénophobie…), les collectifs locaux de résistance, les mouvements alternatifs qui inventent chaque jour la gauche de demain. Et elle devra converger dans lors des échéances électorales, en premier lieu celles de 2017, non pas à l’issue d’interminables tractations d’appareils, mais à l’initiative d’une grande mobilisation citoyenne qui déterminera le contenu et la représentation d’un projet politique en construction permanente et à vocation majoritaire.

C’est ici et maintenant que tout commence.

Changeons le système, pas le climat !

Etat d urgence climatique

Belle mobilisation les 28 et 29 novembre du mouvement pour la justice climatique, avec plus de 500 000 personnes à travers le monde qui ont pris par à des actions, marches et autres manifestations. En France également, malgré les interdictions et la répression, nous étions plusieurs milliers à être mobilisé-e-s.

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Non à la guerre ! Un autre monde, un monde de paix, de justice, d’égalité et de solidarité, est possible !

«  Ils haïssent ce qu’ils voient dans cette assemblée, un gouvernement démocratiquement élu. Leurs dirigeants se désignent eux-mêmes. Ils haïssent nos libertés : notre liberté religieuse, notre liberté de parole, notre liberté de voter et de nous réunir, d’être en désaccord les uns avec les autres. »

George W. Bush devant le Congrès états-unien le 24 septembre 2001

« Les actes commis vendredi soir à Paris et près du Stade de France, sont des actes de guerre. […] Ils constituent une agression contre notre pays, contre ses valeurs, contre sa jeunesse, contre son mode de vie. Ils sont le fait d’une armée djihadiste, le groupe Daech qui nous combat parce que la France est un pays de liberté, parce que nous sommes la patrie des Droits de l’Homme. »

François Hollande devant le Parlement français réuni en congrès le 16 novembre 2015

 

Au cours des cinq dernières années, de la Libye à la Syrie en passant par le Mali, l’impérialisme français a activement pris part à la nouvelle phase de la « guerre contre le terrorisme » lancée en 2001 par les Etats-Unis d’Amérique. Au-delà de la surenchère rhétorique, le choix du gouvernement Hollande-Valls d’ « intensifier » cette politique guerrière suite aux attentats du 13 novembre appelle une réponse alternative, anti-guerre et altermondialiste, tout aussi déterminée de la part des forces de gauche qui se revendiquent du meilleur des traditions anti-impérialistes et internationalistes.

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La tribune du jour : « Au Front de gauche, on prend les mêmes et on recommence ! »

Une tribune en forme de petit pavé dans la mare de la gauche radicale blanche, co-écrite et co-signée avec des camarades du Front de gauche.

Attention, c’est chô…

 

Régionales : au Front de gauche, on prend les mêmes et on recommence !

Par Fethi Chouder, Adjoint au maire (Aubervilliers, Seine-Saint-Denis) , Heger Ben Djemaa, Sympathisante (Chelles, Seine-et-Marne) , Assia Benziane, Adjointe au maire (Fontenay-sous-Bois), militante féministe , Pauline MacEachran, Sympathisante (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis) , Sofia Manseri, Conseillère municipale, militante citoyenne féministe et antiraciste (Gennevilliers, Hauts-de-Seine) , Madjid Messaoudene, Conseiller municipal délégué (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis) , Danièle Obono, Militante afro-féministe et altermondialiste (Paris, XIXe arrondissement) , Mounir Othman, Sympathisant (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis) et Raphaële Serreau, Conseillère municipale (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis) — Liberation.fr, 9 novembre 2015 à 20:06
Augmentation constante de l’abstention, chute de l’engagement dans les partis, défiance à l’égard du politique… Les analyses et les constats s’accumulent depuis des décennies mais rien n’y fait. Le système politique français continue de s’arc-bouter sur ses privilèges, qui en font la chasse gardée d’hommes blancs, plutôt âgés, appartenant aux classes moyennes supérieures. Si ce «communautarisme» des dominants n’étonne guère à droite, il a de quoi surprendre à gauche, quand cette dernière se prévaut encore d’idéaux révolutionnaires et émancipateurs. Certes, cette gauche-là n’est pas non plus la plus grandement représentée aujourd’hui sur l’échiquier politique… Mais raison de plus ! On sait le gouvernement Valls-Hollande et la direction du PS vendus liquette, corps et âme au néolibéralisme. EELV, qui a pu, un temps, présenter une approche un tantinet différente et novatrice, s’est embourbé dans ses contradictions internes. Quant au Front de gauche, n’en parlons même pas. Ou plutôt si, parlons-en justement !

Une belle idée au départ. Un bon programme : «l’humain d’abord». Une bonne stratégie : unité, autonomie et mobilisation citoyenne. Un réel début de dynamique militante et citoyenne, avec même un petit écho dans les quartiers populaires. Cinq ans plus tard, le rassemblement est resté un cartel d’organisations de plus en plus étriqué, maintenu sans grand enthousiasme sous respiration artificielle, et à qui l’on tente péniblement de redonner vie à l’occasion des échéances électorales. Le spectacle donné au cours des négociations pour les prochaines élections régionales est de ce point de vue particulièrement édifiant. Discussions dominées par la défense égoïste d’intérêts d’appareils, mise de côté de l’implication locale et citoyenne, mise au placard de nos revendications pour changer les pratiques et «faire de la politique autrement»… Résultat : divisions régionales, absence de lisibilité nationale, renouvellement et diversification de la représentation quasi proches de zéro.

Bien sûr, nous savons qu’aucune institution politique, économique, sociale ou culturelle n’est véritablement représentative de la France d’aujourd’hui dans toutes ses diversités. Et le Front de gauche n’a jamais fait exception. Des réunions de direction aux bancs du Parlement, ses élu-e-s et dirigeant-e-s ressemblent peu ou prou à celles et ceux des autres partis : majoritairement blanc-he-s, relativement âgé-e-s et CSP +. Tout ceci résulte de choix politiques (ou en l’occurrence de non-choix) et du refus (au mieux inconscient mais tenace) de laisser émerger de nouvelles générations. Les prochaines élections régionales seront un nouvel acte manqué, un de plus.

Ainsi, en Ile-de-France, deux des têtes de liste n’habitent pas dans le département dans lequel elles se présentent. Elles sont donc «parachutées». Deux sont déjà élues à d’autres mandats et donc potentiellement cumulardes, toutes sont membres des partis du cartel, et toutes sont blanches. Comment ces pratiques politiciennes, que nous ne pouvons que condamner, sont-elles encore possibles à gauche ? En 2015 ? Dans une région au tissu associatif dynamique, à la population jeune et si riche de sa diversité culturelle ? L’Ile-de-France serait-elle devenue, du jour au lendemain, une région «de race blanche», sans jeunes, sans classes populaires ? Dans une interview à l’AFP en février, Memona Hintermann, journaliste membre du CSA, déclarait que «les télés ont peur de montrer des Noirs et des Arabes». Visiblement, en tête de liste, le Front de gauche aussi. Il aurait pourtant plutôt intérêt à méditer les paroles d’Edouard Glissant et de Patrick Chamoiseau : «Nous sommes sur la même yole. Personne ne saurait se sauver seul. Aucune société, aucune économie. Aucune langue n’est, sans le concert des autres. Aucune culture, aucune civilisation n’atteint à la plénitude sans relation aux autres.»

Plus de trente ans après la marche pour l’égalité et contre le racisme, et dix ans après les révoltes des quartiers populaires, il y a quelques jours, la Marche de la dignité et contre le racisme, à laquelle ont appelé les principales forces du Front de gauche (PCF, PG, Ensemble), réclamait justement le respect des quartiers populaires dans toutes ses composantes. Malgré les luttes contre le racisme d’Etat, les discriminations et les inégalités n’y ont jamais cessé. Parce que, précisément, rien n’a changé. La situation s’est même aggravée. La politique du PS, dans la lignée de celle d’une certaine droite raciste décomplexée, l’a fait empirer et a alimenté la montée du FN. Et la gauche radicale n’a ni su ni voulu s’adresser à, représenter, et encore moins s’allier à ces mouvements de toutes les couleurs.

Antonio Gramsci disait que « la crise consiste justement dans le fait que le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » . Aujourd’hui, à gauche, la vieille politique qui se meurt doit accepter de faire place à la nouvelle, qui s’invente notamment dans les mouvements alternatifs et autonomes pour pouvoir vaincre les monstres que nous avons laissés prospérer. Faire place, en notre sein, à l’égalité réelle, incarner l’idéal républicain à travers notamment une meilleure représentativité. Faire «place au peuple», à tout le peuple. Le temps nous est compté.